Description
Cette écriture, tracée dans des mots de glaise, de calcaire et d’absinthe, vient de nulle part et n’y mène pas non plus.
Fossiles trop récents, ces mots appartiennent pourtant à une mémoire qui s’estompe et se délite inexorablement comme nos corps qui, avec l’âge, perdent de leur substance et de leur chair. Cette écriture n’essaie non de les sauver – l’opération serait sans intérêt, si ce n’est pour la dialectologie – mais d’en recueillir un dernier souffle, un dernier sens (jubilatoire, si possible) – modestes gloses de paille, de neige, de vin, d’amour et de soleil, comme il convient ici – devant un monde qui voit sans les voir son naufrage et ses épaves s’amonceler. Et le vrai silence qui vient.
Silence du monde, des autres et de soi au milieu du brouhaha du parler et du communiquer à tout prix et pour rien.
Puissent ces quelques balbutiements maintenir – mais pour combien encore ? – leur gratuité nécessaire aussi bien que leurs jeux possibles face au profit mercantile et mortel. Ainsi murmurer le monde depuis une haute et petite terre où la parole aussi s’étrécit. Des textes à prendre donc comme des songeries.
Ouvrage publié avec le concours du Centre régional du livre et du Conseil régional de Franche-Comté.

