Description
Sous un titre qui signe tout à la fois l’absence et le ventre maternel, le poète Roesz évoque en de très beaux poèmes les dernières années de sa mère, son départ, et le chagrin qui va avec.
L’hommage tient dans une écriture qui ne rechigne pas à se servir de répétitions (les anaphores pressantes) ni à décliner la peine dans des phrases-vers qui peinent aussi à finir leur cours.
L’émotion est sans cesse liée à des gestes perdus, à un regard qui ne saisit plus rien du monde, à un passé qui a fort lié les deux protagonistes de cette histoire au fond banale (la mort de proches), mère et fils confondus.
Les lieux prennent une densité prégnante : cuisine, chambre, lit. Le poète cisèle son observation d’un monde qu’il sait proche de s’étioler dans la perte des souvenirs et de l’être cher :
« Je regarde l’angle de la pièce blanche
Je demande t’es où?
Je regarde l’ange blanc
qu’assaillent quelques trainées lumineuses »
(p. 37)
Alors, il faut VOIR, pour ne rien perdre. Pour participer déjà au deuil qui s’offre, avec la peine, immense.
Voilà une poésie d’une intime douleur, explorée dans tous ses liens (les poèmes font parfois quatre, six pages, pleines de questions, qui sont autant de chagrins énoncés).
La mort de la mère : termes difficiles à dire sans ressentir aussitôt la pleine gorge du chagrin, qui serre, serre.
Un très beau livre.

