Description
Avec Yann Miralles, l’écriture prend en elle « toute la profusion du réel » – jusqu’à y rendre sensible même « ce trou au coeur des choses » où, douleur parfois, attente toujours d’un instant d’union plénière, elle se renouvelle. Le poème est acte, geste de voix, et activité continue du tout-relation qui fait la vie: « c’est violence et tendresse/des mots qui s’unissent/& des corps ».
Oui, les « saisons »! Car c’est bien du temps qui se fait, se refait dans la parole – moins saisie impatiente du présent que tentative espérante toujours recommencée, recommençante: « l’ancien le récent/se frôlent s’enlacent/forment/des vies éteintes ou possibles ou re-/continuant ».
Comme vivre, le poème re-continue sans cesse et, avec Yann Miralles, il poursuit, ici, et pour nous, ce que Paul Celan y entendait déjà: il « persiste aux confins de lui-même; il se révoque, il se reporte sans relâche, afin de durer, de son déjà-plus à son toujours-encore ». Et c’est une longue adresse alors, paroles, « flèches » tirées dans la distance pour mettre « un peu d’ici/dans ce là-bas », qui trouvent leur cible en réinventant qui les projette.
Incontestablement, avec Ô saisons ô, Yann Miralles touche au cœur.
Philippe Païni
Prix Voronca 2010.
Ouvrage publié avec le soutien du Centre Régional du Livre de Franche-Comté et le Conseil Régional de Franche-Comté.

